Le projet européen est dans son essence même a-démocratique, car il nie l’auto-détermination de chaque pays. Bien sûr, il ne suffit pas de critiquer « l’Europe », encore faut-il proposer un projet alternatif de Nation qui soit en mesure de rassembler au lieu d’exclure une partie de la population. Mais en attendant, voici cinq raisons rendant nécessaire la sortie de l’UE, de l’euro et de tout projet européen – liste non exhaustive!

1) Rendre possible une autre politique

Un pays ne peut légalement pas mener de politique contraire aux engagements européens. Par exemple, Macron ne peut pas interdire le glyphosate dans le cadre de l’Union Européenne, même si c’était dans son programme. Cette impossibilité n’est pas seulement due aux traités actuels de l’UE mais c’est le principe même de toute fédération supra-nationale que de confier le pouvoir décisionnel à un niveau supérieur. Or, il n’y a pas de « peuple européen » ni de communauté politique pour prendre des décisions à cette échelle. Il faut donc laisser chaque peuple s’auto-déterminer, en respectant le vote des citoyen.ne.s comme celui du 29 Mai 2005 lorsque la France a rejeté le Traité Constitutionnel Européen.

Capture d_écran 2018-11-11 à 18.01.38

Pour compléter: une Patrie pour tou.te.s

2) Maîtriser la circulation des marchandises et des capitaux

Le marché unique de l’UE est une zone de libre-échange, c’est-à-dire une zone de compétition et de guerre économique entre ses membres. Les pays les plus riches imposent leurs marchandises aux pays plus pauvres, mais également aux pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique – ce qui empêche leur agriculture et leurs industries de se développer. La libre-concurrence casse les modèles sociaux et pollue l’environnement. Il faut donc sortir du marché unique et instaurer un protectionnisme écologique et social afin de relocaliser notre économie et favoriser les circuits courts, par exemple avec une taxe kilométrique aux frontières du pays.

Article à venir: l’écologie nécessite la relocalisation, et non l’européanisation

3) Contrôler notre monnaie et notre budget

La monnaie unique est une aberration économique: les pays de la zone euro sont trop divers pour avoir une seule devise et un seul taux de change. Le problème se poserait d’ailleurs à l’identique même avec un « autre euro »: il y aurait toujours un pays lésé. De plus, la Banque Centrale Européenne impose aux États de s’endetter auprès des marchés financiers, ce qui constitue un véritable racket: chaque année, nous versons plus de 40 milliards d’intérêts de la dette au monde de la finance. Il faut donc revenir au franc et cesser de nous financer auprès des marchés.

Article à venir: refuser la tutelle des marchés financiers

4) Sauvegarder nos services publics

L’article 106 du Traité de fonctionnement de l’UE impose les privatisations de nos services publics qui ont été mises en oeuvre par tous les gouvernements ces dernières décennies: eau, énergie, transports, télécommunications… Ces traités sont contraires au Préambule de la Constitution de 1946, repris dans la Constitution de 1958: « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ». Il faut donc laisser chaque pays re-nationaliser ses services publics afin de satisfaire l’intérêt général de sa population.

Article à venir: le racket des privatisations en France

5) Une diplomatie indépendante

L’article 42 du traité de l’UE impose l’alignement de la diplomatie européenne sur l’OTAN. De manière plus générale, la grande majorité des pays européens sont aujourd’hui favorables aux États-Unis qu’ils imaginent être un bouclier face à la Russie. Pourquoi donc se forcer à faire une diplomatie commune avec ces pays? Chacun doit pouvoir s’allier avec qui il veut, sans accorder de privilège aux pays « européens », et en s’abstenant de toute ingérence impérialiste. Et la France doit commencer par montrer l’exemple en retirant ses armées d’Afrique et en proposant des coopérations entre peuples souverains.

Article à venir: Anti-impérialisme: la France doit montrer l’exemple!

Récapitulons:

  • les traités actuels de l’UE comportent des articles contraires à l’intérêt général et même à notre Constitution!
  • même si on arrivait à modifier ces articles, le fait même de garder un marché unique et une monnaie unique détruit notre économie et notre environnement!
  • même si on refondait totalement le projet européen, le fait même de s’obliger à mener une politique commune empêche chaque pays de s’auto-déterminer!

Il faut donc sortir de l’Europe au plus vite, mais… pour bâtir quelle Nation?

Suite au prochain article!

Quelques sources indispensables sur le sujet:

  • Le Plan de Sortie de l’UE et de l’euro du collectif Citoyens Souverains
  • Frédéric Lordon dans La Malfaçon, détaille la nécessité de sortir d’un euro malformé de naissance.
  • Aurélien Bernier dans La démondialisation ou le chaos esquisse un projet de coopération entre pays souverains, une fois sortis du libre-échange.
  • Olivier Delorme donne quant à lui 30 bonnes raisons pour sortir de l’Europe… actuelle, mais en proposant une autre Europe!

Article à venir: mais pourquoi veulent-ils tous une « autre Europe »?